Antoine Hervé

Pianiste brillant, compositeur aux références éclectiques synthétisées avec brio et fantaisie, Antoine Hervé s’est imposé jeune comme l’un des musiciens de jazz français les plus remarquables de sa génération. 
Porté à l’âge de 28 ans à la direction du second Orchestre national de jazz, il a ensuite essuyé, comme la plupart des musiciens ayant exercé cette responsabilité, le revers de cette notoriété précoce, malgré un travail conséquent de création aux ambitions souvent transdisciplinaires et un trio d’une longévité et d’une fidélité rares.

Elève du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en classe d’écriture jusqu’en 1982 (classe de Marius Constant), il étudie parallèlement le piano auprès de Pierre Sancan, héritier de la tradition debussyste, et la percussion classique dans le but de jouer en orchestre. 

Dans le même temps, son intérêt croissant pour le jazz – l’improvisation, l’aspect rythmique notamment – et le rock l’amène à s’essayer au piano électrique, à fréquenter des musiciens comme Serge Lazarévitch, qui lui fait découvrir le Real Book, ou Andy Emler avec qui il forme un duo en 1980 dans lequel l’un comme l’autre jouent du piano et des percussions. 

Primé l’année suivante au Concours national de jazz de La Défense, Antoine Hervé émerge comme l’un des représentants parmi les plus doués d’une nouvelle génération d’improvisateurs à la double culture. 
Lui-même ambitionne « la fusion des musiques » et particulièrement de l’héritage classique européen, y compris ses formes contemporaines, et du jazz moderne.

En 1983, il constitue un orchestre de treize musiciens (qui prendra par la suite le nom de Bob 13), qui se produit au Festival de jazz de Paris, grâce auquel il impose l’originalité de son travail de compositeur.
Il forme également un trio avec Michel Benita (contrebasse) et Peter Gritz (batterie). 

Au piano, son style composite est nourri de l’influence de Bill Evans, Wynton Kelly, Oscar Peterson ou McCoy Tyner (qu’il a relevés) mais éclairé par une connaissance assimilée de la technique classique, marqué par une approche rythmique et dynamique héritée de sa formation de percussionniste et enrichi d’une fréquentation régulière de la littérature pour piano (Chopin, Debussy, Bartok).
En 1985, il reçoit le prix Django-Reinhardt de l’Académie du jazz qui récompense le musicien de jazz français de l’année.

Nommé en 1987 à la tête de l’Orchestre national de jazz, il réunit une formation avec laquelle il donne plus d’une centaine de concerts et accueille de nombreux invités : Quincy Jones, Gil Evans, Dee Dee Bridgewater, Toots Thielemans, Peter Erskine, Didier Lockwood, Randy Brecker… 

Responsable d’une bonne partie du répertoire qui mêle des classiques du jazz réarrangés et des compositions originales, il ouvre celui-ci à des pièces écrites par Jaco Pastorius, Carla Bley, Jean-Loup Longnon, Daniel Goyone, Louis Sclavis, Patrice Caratini, Andy Emler, Denis Badault ou encore Gil Evans qu’il reconnaît comme l’une de ses influences.

Reconnu comme compositeur, il écrit une pièce en hommage à Frank Zappa, Transit, commande de l’Ensemble Intercontemporain (1994), élabore plusieurs spectacles musicaux comme Sonate d’automne avec Anne Carrié et Mes bien chers frères dans lequel il interprète des chansons de Serge Gainsbourg et de son frère François Hervé. 

Il compose également un concerto pour trompette (Hommage à Miles Davis - concours CNSM Paris), Northsea pour trompette  et marimba (concours CNSM Lyon), La Maison brûlée pour quatuor à cordes et Transactions pour l’ensemble Alternance. 
En 1997, il créé Mozart, la nuit, un spectacle qui fait intervenir 120 choristes (en pyjamas et mules !) ainsi qu’un quartet composé des frères Moutin et du trompettiste allemand Markus Stockhausen sur de grands airs de Mozart confrontés à l’écriture contemporaine, aux sons urbains du jazz, de la funk, aux sonorités électroniques

Parallèlement à cet abondant travail de composition, le pianiste continue de s’exprimer dans des contextes plus étroitement liés au jazz, dans des configurations variables : en duo avec Didier Lockwood, Michel Portal ou Stéphane Belmondo ; en trio avec les frères Moutin (« Fluide », 1994, et sur un florilège de standards, « Summertime », 2002) ou en quintet avec le trompettiste Marcus Stockhausen (« Invention Is You », 2001), tout en manifestant en permanence un désir d’ouverture et de synthèses des langages musicaux qui reste l’une de ses préoccupations principales. 

Depuis 2007, il donne mensuellement à Paris (MPAA-Auditorium St Germain) sa “Leçon de Jazz” consacrée à des thématiques variées telles que “Oscar Peterson” (DVD à paraître), “Bill Evans”, “Thelonious Monk”, “McCoy Tyner”, “Weather Report”, “Louis Armstrong”, etc…et tourne en duo de pianos avec Jean-François Zygel.

 

site web : http://www.antoineherve.com