150 CONCERTS ET UNE VICTOIRE DE LA MUSIQUE DECERNEE EN 2006
Compositrice, auteur et arrangeur, actrice aussi, Elisabeth Kontomanouest née en France, d’une mère grecque et d’un père guinéen. Toutes les étapes de sa vie seront alors rythmées par les découvertes musicales, comme dans les meilleurs romans d’apprentissage, où Diana Ross règne presque sans partage. A treize ans, un ami lui offre la possibilité d’enregistrer : ce seront des chansons d’influence Rn’b. A seize ans, elle passe une petite annonce : la jeune chanteuse cherche un orchestre. Puis Elisabeth Kontomanou, désormais choriste, fait une troisième découverte qui va engager tout son avenir : Carmen McRae.
Le jazz entre en scène.
En 1980, les circonstances l’amènent à s’établir en Suède. Six ans plus tard, l’urbanité se rappelle à son bon souvenir.
A Paris : fondation du quartet « Conversation », victoire au Concours de La Défense, qui lui ouvre la porte des festivals de jazz en France et lui offre la possibilité d’effectuer une tournée aux Antilles 1988 voit le temps des rencontres : le pianiste Jean-Michel Pilc, rejoint bientôt par Thomas Bramerie, Pierre Dayraud et Stéphane Belmondo ; Michel Legrand, qui choisit Elisabeth Kontomanou pour chanter le rôle principal de son film musical Masque de lune et qui l'engage également pour une série de concerts avec son bigband.
En 1993, la sortie d’un premier enregistrement produit par EMP, prélude à des tournées en France, en Afrique du Nord et dans les pays de l’Est. Deux ans plus tard, Elisabeth Kontomanou s’installe aux Etats-Unis. Elle s’y lie avec des personnalités telles que Leon Parker, Sam Newsome, James Hurt.
En 1998, Elisabeth Kontomanou est en tournée à travers les Etats-Unis avec le groupe du pianiste Andy Milne. Entre 1999 et 2000, elle enregistre deux albums pour le label Steeple Chase : « Embrace » en sextet avec J.D Allen et Sam Newsome, « Hands & Incantation » en duo avec Jean-Michel Pilc. En 2001 et 2003, elle est sollicitée pour participer à deux enregistrements du guitariste Mike Stern, « Voices » et « These Times ». Entre-temps, elle est nominée aux Django D'or pour « Embrace ».
En 2004, elle forme un duo avec le percussionniste Ari Hoenig. Elle trouve dans cette alliance, inhabituelle pourrait-oncroire, des ferments de liberté autant que de contrainte. L’autodidacte revendiquée, l’artiste qui a depuis longtemps cultivé l’art de l’improvisation, comme une manière pudique de « contourner la mélodie », peut désormais aborder les standards en toute sérénité. Parus en 2004 et 2005 chez Nocturne, les albums « Midnight Sun » et « Waiting for Spring » en sont les témoignages éclatants. Pour donner un sens nouveau à ces mots tant de fois entendus, elle sait compter sur le regard bienveillant de deux anges gardiens : Ella Fitzgerald et Charles Mingus.